Cher Hector,

A l’approche des fêtes de fin d’année, au cours d’un dîner très sympathique dans le 7ème arrondissement de Paris, vous m’avez gentiment offert votre livre : « Le bruit de nos neurones ». Ce geste m’a marqué et en rentrant à Strasbourg je l’ai naturellement, après l’avoir emballé dans un joli papier, placé sous le sapin. In fine, c’est dans une valise que votre ouvrage s’est retrouvé quelques jours plus tard, à savoir dès le lendemain de Noël, en direction de la Forêt Noire pour quelques jours de vacances. Si mes neurones n’ont entendu que le bruissement délicat des pages qui se tournaient, ils ont néanmoins parfaitement bien perçu le vibrato du ressenti de l’auteur. L’idée géniale consistant à retranscrire les perceptions et impressions d’un parcours patient en suivant l’alphabet latin m’a donné envie de revenir sur quelques lettres. N’y voyez, s’il vous plaît, aucune outrecuidance de ma part mais juste le reflet d’un sentiment d’une personne qui comme vous a connu les couloirs de hôpitaux au rythme de brancardiers expéditifs et ayant à subir le joug de thérapeutes peu bavards et exerçant sans trop comprendre des techniques angoissantes. Néanmoins, et à ce stade, il est remarquable et jubilatoire de pouvoir échanger librement et en toute conscience, libre de toute astreinte et lourde contrainte médicale. Ouf, tout s’est finalement bien passé !

Oui Hector, votre livre m’a beaucoup plu. La troisième lettre de l’alphabet est jointe au mot Chance dans votre ouvrage et tant il est vrai qu’il est agréable quand l’improbable, l’extraordinaire rempli le quotidien. Mais existe-t-elle vraiment et finalement au cours d’une vie cette chance ? Tout en lisant votre livre, je me suis donc amusé à apposer un mot aux différentes lettres. Et comme dit, n’y voyez aucun amendement mais juste le jeu d’un lecteur profitant du travail de l’auteur pour s’y confondre. C’est ainsi et donc rapidement que j’ai relié la lettre C à Concordance. On n’est pas à la trentième page que je constate que j’ai vécu des similitudes. Vous, un Parkinson et de mon côté une épilepsie liée à une malformation vasculaire neurologique. Le dénominateur commun est distingué. L’IRM est la route difficile et bruyante prise régulièrement et que dire du casque de stéréotaxie vissé, comme vous le décrivez si bien, compagnon d’infortune mais incontournable qui au cours de ma journée avait transformé mes concombres servis au déjeuner en un aliment métallique jusqu’alors inconnu à chaque bouchée.

Oui, Hector votre livre m’a touché En poursuivant la lecture, la voyelle E est alors jumelée à l’ Enfant. Sans doute est-ce le sentiment devant votre courage de livrer au lecteur des sentiments si forts et personnels que j’ai pensé instantanément au mot Emotion et ce d’autant plus que j’ai eu la chance de rencontrer Astrid depuis peu. Oui Hector, votre livre m’a ému. I comme Instant ou I comme Impression. L’impression d’abandon ou de solitude quand votre maman s’en va. Il y a deux ans, un très jeune médecin téléphonait à ma mère pour lui annoncer oralement qu’elle n’avait pas de chance : le cancer thyroïdien anaplasique détecté chez elle, dénotait d’un indice de malignité supérieur. Deux ans après cette annonce, elle s’en est allée ; Seule. Finalement j’avais également l’impression d’être tout aussi seul devant sa dépouille et mon chagrin.

Oui Hector, votre livre m’a bouleversé. Et suite à ces considérations touchantes votre M est associé à la Mort. Le mot est enfin dit ! Et la question posée. Non Hector, je ne me suis jamais posé la question de mes propres funérailles. Seule indication d’ores et déjà laissée aux miens, mon corps, si l’académie l’accepte, sera livré à la science. Avec tout ce que j’ai consommé comme traitements et innovations, il est normal qu’il en soit ainsi. Et pour être totalement honnête et transparent je n’ai au niveau de la mort qu’un sentiment de M: de Mépris…

Oui Hector, votre livre m’a interrogé Enfin et comment ne pas revenir sur cette Rencontre avec un R majuscule quand vous associé cette lettre au mot Rêve. Je ne crois pas au hasard. Était-ce le fruit du hasard lorsque votre premier ouvrage se soit retrouvé sur les bureaux des plus grandes et hautes instances nationales: je ne le pense pas et, vous m’excuserai de la comparaison, je ne crois pas non plus fortuite notre rencontre entre le patient et le fabricant de dispositif . C’est là une véritable richesse qui me permet de continuer jour après jour avec un sentiment ineffable de la valeur de produits répondant à des attentes. Et que dire de la richesse humaine permise finalement par la maladie.

Oui, Hector, votre livre m’a impressionné. Volontairement je n’ai repris que ces cinq lettres. Vous l’aurez compris, il s’agissait juste d’un clin d’œil puisque ces sont cinq lettres qui forment le mot MERCI. Merci pour ce moment que vous offrez à vos lecteurs. Merci pour votre courage au regard d’une pudeur détectable, Merci pour votre générosité. Si hélas je n’ai pas entendu le bruit de vos neurones, votre livre résonne bruyamment et harmonieusement dans ma tête. Oui Jean-Louis, votre livre m’a marqué. Je ne pouvais pas terminer sans vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle décennie. Puisse le millésime 2020 vous apporter réussite et santé bien entendu. Bien amicalement SR

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