Essai clinique sauvage (Episode 5/6)

Hector Bermudes, Joyeux héros du best-seller « Le Bruit de nos neurones » aux éditions Librinova[1]vous raconte aujourd’hui les dessous d’une fascinante affaire à laquelle il s’est trouvé mêlé.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant réellement existé serait purement fortuit

https://www.librinova.com/librairie/jean-louis-dufloux/le-bruit-de-nos-neurones

Le Professeur part alors dans une très longue explication sur la justification des coûts de production des patchs, il manie les chiffres avec facilité, il additionne, soustrait, multiplie et divise des montants qu’il connait visiblement par cœur puis lâche à son auditoire comme montant total nécessaire à la poursuite des tests cliniques la somme de 1 600 euros par participant. Inutile de vous dire que la plupart des personnes présentes dans la salle sont cueillies à froid, aucune cependant ne quitte l’abbaye en courant à la suite de cette annonce ni Hector, ni aucun autre mais tous se lèvent pour aller se coucher. Il est presque minuit et chacun rêve, avant toute chose de retrouver son lit, sans son patch mais avec la perspective d’être réveillé vers cinq heures du matin pour la petite prise de sang annoncée qui, elle, subsiste.

Si vous aimez les détails, Hector vous livre ci-dessous l’appel du Professeur à financer de façon solidaire cet essai, repris dans un mail reçu plus tard. A ce moment, Hector a librement versé 500 euros et il considère cette avance comme parfaitement suffisante à ce stade d’un essai qui n’a pas réellement démarré.

« Chers amis, participants à l’essai clinique des patchs mixtes,

Le coût de l’essai clinique des patchs, auquel vous participez, ne peut être financé que par le Fonds Candida, fondation caritative à but non lucratif, à l’aide des dons versés par les participants à l’essai. En effet, contrairement à notre Fondation, et conformément aux exigences réglementaires en vigueur, notre partenaire, Laboratoire pharmaceutique, n’est pas autorisé à effectuer une telle étude de phase II (essai clinique d’un nouveau médicament chez le malade), avant d’avoir réalisé une étude de phase I (première administration du nouveau médicament à l’homme, chez le volontaire sain). Cet essai de phase I, étude combinée de Pharmacodynamique et Pharmacocinétique des patchs mixtes chez 24 sujets volontaires sains, débutera courant Février 2019, et sera terminée en Avril 2019. Elle sera financée par notre partenaire, en tant que promoteur de l’étude. Mais, avant cette date, à partir de laquelle il sera autorisé à réaliser l’étude officielle de phase II, notre partenaire ne peut intervenir en aucune façon dans l’essai clinique que le Fonds Candida est en train de réaliser.

Comme vous allez le constater dans le calcul du coût de l’essai clinique des patchs, auquel vous participez, nous devons récolter en moyenne 1600 € par participant d’ici le mois d’Avril 2019, faute de quoi nous ne serons pas en mesure de financer cet essai.

J’ai annexé, en pièce jointe, le coût total de l’essai et le coût par participant : 1600 €. De nombreux participants, à faibles revenus, ne peuvent pas verser au Fonds Candida une telle somme, même étalée sur 4 mois. Il est hors de question que les montants des dons soient des facteurs discriminants pour participer à l’essai. Nous devons tous faire preuve de solidarité et de générosité, et, en même temps, être conscients que lorsque nous versons, sur 4 mois, un don inférieur à 1600 €, il faudra que d’autres participants plus aisés, versent, en plus de leurs dons, la somme nécessaire en compensation.

Par ailleurs, comme vous pourrez le constater dans le budget annexé, le Fonds doit récupérer 178 000 €, soit plus de 70% du coût de l’essai, d’ici la mi-janvier. Nous sommes encore loin d’avoir atteint ce montant.

Les participants les plus aisés, qui paient des impôts sur le revenu, pourront déduire 66 p. cent de leurs dons du montant de l’impôt payé en 2019, à condition que le don soit versé avant le 31 décembre 2018. Nous leur demandons d’effectuer, s’ils le peuvent, la totalité de leurs dons avant cette date. Le plus tôt sera le mieux pour les finances du Fonds Candida. »

Après une rapide toilette dans la douche commune à l’étage, Hector rejoint sa cellule. Quelques heures plus tard, des voix dans le couloir le ramène à une étrange réalité. Le Professeur et une infirmière réveillent un à un les « clients » de l’Abbaye pour une prise de sang. Rien à dire, c’est fait dans les règles de l’art, pour autant que puisse en juger Hector qui en d’autres circonstances a déjà maintes et maintes fois rempli de son hémoglobine ces petits flacons aux bouchons de couleur différentes qui portent une étiquette avec son nom. Le Professeur toujours courtois l’invite à rejoindre dans moins d’une heure la salle du petit-déjeuner. Hector se promet d’y aller dans les premiers pour échanger en direct avec cet intrigant personnage.

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