Essai clinique sauvage (Episode 4/6)

Hector Bermudes, Joyeux héros du best-seller « Le Bruit de nos neurones » aux éditions Librinova[1]vous raconte aujourd’hui les dessous d’une fascinante affaire à laquelle il s’est trouvé mêlé.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite.

[1]https://www.librinova.com/librairie/jean-louis-dufloux/le-bruit-de-nos-neurones

Hector trouve le show du Professeur un peu long. A l’époque il n’a pas encore été opéré par Charlize et l’effet de la dopamine s’estompe en moins de trois heures. Les chaises sont d’un confort spartiate. Il commence à trouver qu’il pourrait s’économiser quelques redites et d’autres participants semblent dans le même cas, victimes de l’impatience de leur pathologie qui ne déteste rien plus que les longues stations assises.
Après s’être longuement présenté en mêlant une feinte modestie et une réelle fierté que lui autorise sa découverte, le Professeur démine avec beaucoup d’habileté et par anticipation toutes les objections qui pourraient lui être faites. Mais avant tout, il noie l’assistance sous un déluge d’informations relatives à l’impossibilité de fabriquer des patches en nombre suffisant pour un prix raisonnable. Les petites séries sont visiblement coûteuses et la technique de production, pourtant largement répandue, semble posée de nombreux problèmes au laboratoire chargé de les réaliser. Au passage, en fin connaisseur de la réglementation des essais médicamenteux, il rappelle à son assemblée acquise, que nous nous sommes portés volontaires et que personne d’autre que nous, ne pourra assumer la responsabilité de l’essai. Avant d’arriver dans l’abbaye, nous avions préalablement rempli une fiche d’inclusion à des « Essais cliniques des patchs transdermiques mixtes (6-MH et VLT) dans le traitement de 4 affections neurologiques (troubles du sommeil et dépressions nerveuses, maladies de Parkinson, d’Alzheimer, et à corps de Lewy) et avions donné les coordonnées de notre médecin référent et nos traitements actuels. Bref, tout cela semblait très sérieux pour les béotiens que nous étions vraisemblablement presque tous.
Il présente à l’assemblée ce fameux patch rond de couleur crème que nous recevrons bientôt chez nous et justifie l’avertissement « not for human use », imprimé en rouge sur son enveloppe, comme la meilleure façon de nous faire profiter de ce patch tout en ne faisant peser aucun risque juridique sur son fabricant… et son inventeur.
Hector, pas plus que les autres, ne souhaite contredire ou à tout le moins questionner Patchnoramix, beaucoup moins serein et beaucoup plus bavard que son cousin gaulois. L’homme visiblement tolère mal la contradiction.
Le Professeur nous raconte ensuite pendant près d’une heure la façon dont il est arrivé en partant de la glande pinéale et du cycle veille/sommeil à sa découverte. Un enchaînement de circonstances dans lequel on pourrait déceler la main de Dieu pour le croyant qu’il est. Il a surnommé sa molécule miracle la « paradoxaline » car elle permet de retrouver cette phase de sommeil indispensable à la régénération de nos neurones.
Dommage que nous ne puissions pas l’essayer, s’autorise Hector intérieurement qui craint de passer une très mauvaise nuit, espérant que le proverbe « comme on fait son lit, on se couche » sera démenti..
Après avoir expliqué que les neurologues sont nuls puisqu’ils ne savent rien faire d’autre que de donner de la dopamine et d’augmenter les doses, et que ceux qui ont recours à la neurostimulation sont des simplets en croyant que recevoir de l’électricité à basse tension dans le cerveau pourrait avoir un effet palliatif quelconque le professeur s’apprête à nous renvoyer dans nos pénates, en nous rassurant sur le fait que les patchs nous serons bientôt livrés.
Hector se détend enfin, la séance est finie, il ne pense plus qu’à son lit mais au moment où les auditeurs du Professeur s’apprêtent à se lever pour regagner leur chambre, celui-ci nous dit qu’il nous faut quand même et en dernier lieu qu’il nous parle des problèmes du financement de la production des patchs.

Au bord du désespoir, Hector se rassied !

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