Essai clinique sauvage (Episode 3/6)

Hector Bermudes, héros du best-seller « Le Bruit de nos neurones » aux éditions Librinova[1]vous raconte aujourd’hui les dessous d’une fascinante affaire à laquelle il s’est trouvé mêlé.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite.


[1]https://www.librinova.com/librairie/jean-louis-dufloux/le-bruit-de-nos-neurones

Hector arrive dans les derniers au souper. Il reste peu de places libres. Il choisit de s’asseoir à une table ronde entre deux femmes avec qui il commence à converser. L’une est une aidante, la femme d’un parkinsonien assis à ses côtés avec qui elle se montre pleine d’attention, l’autre a un fort accent du midi et a subi un événement, qu’elle ne souhaite pas divulguer, mais qui lui a définitivement fait perdre le sommeil il y a de nombreuses années. Elles sont largement en avance sur Hector quant à leur connaissance des professeurs Fenouillard et Aularme dont elle soutiennent les prises de position controversées depuis de nombreuses années. Elles les admirent sans réserve, c’est d’ailleurs majoritairement le cas des personnes présentes ici. Le Professeur joue à domicile, il a l’avantage du terrain.

Assis à une grande table rectangulaire, il parle haut et fort. Sa voix porte et domine toutes les autres conversations. Le dîner est servi par des religieuses, il est simple mais de bonne facture. La soupe chaude et parfumée fait un bien fou à l’organisme d’Hector qui s’impatiente dès l’entrée de voir arriver le dessert, qui une fois servi et débarrassé, laissera enfin la place aux explications du Professeur. Hector aimerait tant savoir comment il va guérir et surtout s’il peut réellement y croire.

Il s’écoule encore près d’une demi-heure avant que la salle ne soit prête pour ce qui va ressembler à un long one-man-show de plus de deux heures de cet homme qui concentre l’attention. Un exercice auquel il semble parfaitement rompu. On décèle même, chez lui, une sorte de griserie à capter l’attention et à sentir l’assistance pendue à ses lèvres, admirative voire subjuguée. Hector n’a pas le talent du professeur pour cet exercice mais il écoute attentivement son argumentation dont il vous détaille les principaux éléments de conviction ci-dessous.

  1. L’homme. Il se présente comme désintéressé et croyant. Il souhaite le bien de tous. Son invention ne lui pas été directement inspirée par Dieu, mais il considère qu’elle découle de circonstances dont la survenance, l’enchaînement et l’occurrence incitent à considérer qu’il a été guidé dans sa quête et qu’il n’aurait pas pu aboutir sans un coup de pouce d’essence divine.
  2. Ses connaissances. Le professeur a été un étudiant en chimie très brillant puis un patron de laboratoire pharmaceutique à succès. Dans le domaine des équations biologiques, à l’évidence il domine de mille lieux ceux qui l’écoutent aujourd’hui et vous assène, au coin d’une phrase des formules savantes qui installent une crédibilité scientifique absolue.
  3. Son invention. Il a découvert il y a plus de vingt ans une hormone jusqu’alors inconnue qui permet de réguler le cycle veille-sommeil de l’homme. Sœur de la mélatonine, c’est elle qui selon lui s’avère en fait LA véritable hormone du sommeil. Elle est obtenue au cours d’un processus d’acétylation enzymatique de la sérotonine…si Hector a bonne mémoire !
  4. L’inefficacité des traitements actuels. Le Professeur explique que les traitements actuels sur les troubles aigus du sommeil, la maladie de Parkinson, Alzheimer ne permettent au mieux que de cacher des symptômes et ne guérissent en rien les causalités de ces pathologies. Il joue sur du velours.
  5. Le village gaulois. Les Romains (les grands laboratoires pharmaceutiques) souhaitent faire main basse sur la potion magique de PATCHnoramix. Seul un petit village gaulois résiste à l’envahisseur. Notre soutien au Professeur nous transforme de-facto en héros. Ce n’est pas désagréable et cela permet de si bien comprendre pourquoi il est attaqué de toute part.
  6. Sa capacité à convaincre et à raisonner. On l’a compris, le Professeur est intelligent et habile. Très intelligent et très habile concède même Hector. Une forme d’esprit qui ne supporte d’ailleurs aucune forme de contradiction, un ascendant totalitaire.

Hector l’écoute, il se pince pour savoir s’il ne rêve pas. Il est partagé car l’homme est brillant mais une agressivité rentrée mais perceptible et son agitation détonent. Il lui semble qu’il y a une petite faille. Comment manquer à ce point de sérénité quand on a fait une découverte de cette importance !

 La suite demain sur mon blog : https://lebruitdenosneurones.blog »

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