Essai clinique sauvage (Episode 2/6)

Hector Bermudes, joyeux héros du best-seller « Le Bruit de nos neurones » aux éditions Librinova[1]vous raconte aujourd’hui les dessous d’une fascinante affaire à laquelle il s’est trouvé mêlé de son plein gré.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite.

Aux confins du Charlatanisme ? Episode 2

A son arrivée à l’abbaye vers 18 heures, Hector a rejoint le bâtiment conventuel que lui a indiqué son chauffeur de taxi. Une bâtisse austère et sans grand charme. La plupart des participants à l’essai sont déjà là, assis en cercle sur des chaises métalliques dans une salle aux murs blancs, leur sac ou valise posés par terre. Il prend son temps avant de les rejoindre préférant tuer l’attente en marchant dans le vaste préau contigu à cette pièce. Il remue mille questions dans sa tête, la principale étant de savoir ce qu’il est venu faire là. Il ne se sent pas à l’aise sans savoir exactement pourquoi. Certains des arrivants parlent déjà entre eux. Se connaissent-ils, ont-ils déjà rencontré le Professeur, Hector ne pourrait pas le dire.

Le Professeur se fait longuement désirer puis vers 19 heures, un brouhaha vient troubler le calme des rares conversations. Hector entend vaguement des « Le voilà » et « Il arrive » mais il faut attendre encore une dizaine de minutes avant qu’il ne nous rejoigne. Beaucoup des personnes présentes semblent déjà connaître le Professeur. Les autres découvrent un homme grand, la soixantaine, la voix forte et sûre. « On n’a qu’une occasion de faire une première impression » et pour Hector, d’évidence et dès les premiers instants, c’est un sacré personnage !

Il a de la détermination, du caractère, de la force, de l’énergie, de la confiance, de l’ascendance bref du charisme. Il prend un long moment pour se présenter avec sa femme qui l’accompagne. La voix est claire, le discours construit, l’homme est volubile, il ne laisse pas indifférent. Il vient personnellement se présenter à chacun d’entre nous, son regard est plus direct que franc. A chacun, il demande la raison de sa présence ici. Beaucoup ont la même pathologie qu’Hector, les autres souffrent en règle générale de troubles du sommeil aigus. Puis achevé ce long exercice de présentation, en bon orateur, il laisse le silence s’installer et quand celui-ci est total, il reprend la parole pour souffler le froid puis le chaud, ou plutôt le glacial et le brûlant et nous assènent deux informations auxquelles l’assistance n’était aucunement préparée.

La première est que les patchs n’ont pas pu être fabriqués et que nous ne pourrons pas les tester. Des murmures de déception voire de désappointement s’élèvent de l’assemblée, Hector comprend à demi-mot en échangeant avec son voisin, dont une connaissance semble avoir participé à un essai précédent, que ce problème est récurrent. Pour ne rien vous cacher, Hector qui n’était venu que pour tester le patch miracle sent la colère monter en lui. Le Professeur éteint progressivement l’incendie qu’il a lui-même allumé en nous promettant des explications circonstanciées lors du dîner et en déclarant qu’ils nous seront très prochainement envoyés chez nous en quantité.

Puis devant une assemblée ragaillardie, il nous assène l’équivalent de la botte de Nevers du Chevalier Henri de Lagardère en nous annonçant que dans trois mois, nous nous retrouverons tous à l’Abbaye pour boire le champagne, car nous serons GUERIS. 

A l’abattement succède l’euphorie. Hector n’aime pas se l’avouer mais il y a dans les accents de la voix du Professeur une forme de conviction, une certitude absolue, une foi communicative qu’il se demande si finalement cela pourrait ne pas être vrai. A cet instant de sa vie d’ailleurs, il a tellement envie d’y croire…

Le premier acte est terminé. Rendez-vous est pris pour se retrouver pour le dîner. L’assistance se disperse. Abasourdi, Hector demande les clés de sa chambre. Il monte par des grands escaliers en bois jusqu’à la pièce qui lui est réservée. Elle est d’un confort rudimentaire mais très propre avec son petit lavabo blanc et ses toilettes sur le palier. Les draps sont posés sur le lit et le lit poussé contre le mur. Le matelas de mousse est si léger qu’Hector, en « off » met au moins vingt minutes pour faire que son lit ressemble à un lit. Pris par une crampe au mollet, il redescend poussivement les marches pour rejoindre la salle où sont servis les repas. Il se rappelle maintenant pourquoi il est venu… mais il n’a encore rien vu ni entendu !

La suite demain sur mon blog : https://lebruitdenosneurones.blog »

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