Essai clinique sauvage (épisode 1/6)

Hector Bermudes, héros du best-seller « Le Bruit de nos neurones » aux éditions Librinova[1]vous raconte aujourd’hui les dessous d’une fascinante affaire à laquelle il s’est trouvé mêlé de son plein gré.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite.

Aux confins du Charlatanisme ? Episode 1

Peu après avoir avalé son café et deux biscottes, Hector sort du réfectoire pour envoyer un petit texto à Astrid : « Je suis au petit-déjeuner avec le Professeur. Je t’appelle plus tard. Je n’arrive pas à déterminer si c’est un charlatan ou un génie ? ». 

Hector a débarqué du TGV la veille au soir en gare de Poitiers, il a ensuite pris un taxi pour rejoindre l’abbaye de Sainte-Croix à l’écart de la ville sur la commune de Saint Benoît. Hector est très intrigué à l’idée de rencontrer le Professeur Jean-Bertrand Fenouillard dont le professeur Henri Aularme a déclaré qu’il était l’auteur d’une découverte phénoménale susceptible de révolutionner le traitement des maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer ou Parkinson. Hector est plutôt d’un naturel méfiant mais s’il se retrouve à attendre avec une quarantaine d’autres personnes ce fameux professeur, ce n’est pas suite à une sollicitation d’un de ses émissaires lors de je ne sais quelle messe noire mais parce qu’il a pris l’initiative de le questionner sur sa découverte. Vous connaissez d’ailleurs suffisamment Hector pour connaître sa curiosité et son enthousiasme qui lui valent parfois s’égarer sur des sentiers peu balisées.

A cet instant, Hector n’espère pas être guéri de sa pathologie mais plutôt retrouver en partie son sommeil totalement déréglé par son inventive pathologie. Les quelques rares bonnes nuits qu’il passe lui procurant un recul très significatif des symptômes qui l’accablent habituellement. Son neurologue a d’ailleurs conforté son analyse récemment en réponse à un de ses mails : « Il est vrai que chez les jeunes patients parkinsoniens, la qualité du sommeil a un impact majeur sur les symptômes et la qualité de la journée. Il n’y a pas de molécules miracles mais on peut essayer (en fonction aussi de ce que vous avez déjà testé) :

– la mélatonine en préparation magistrale (hormone justement produite par l’épiphyse / glande pinéale),

– la miansérine : antidépresseur très efficace sur le sommeil à faible dose (et facilement maniable). »

Hector a bien sûr lu ce mail avec attention, mais ayant effectivement déjà testé sans résultat les deux pistes mentionnées il se dit que cette molécule présentée comme miracle par le déjà très controversé Professeur Aularme mérite cependant peut-être qu’on s’y attarde.

Et, alors qu’il essaye à cet instant précis de sa vie de décaler son opération de neurostimulation, inquiet à l’idée d’être longuement hospitalisé alors que sa mère n’est pas au mieux, il se fend d’un mail à partir du formulaire de contact du site de l’Association de Professeur Aularme lui demandant où et comment se procurer cette fameuse molécule tout en lui proposant évidemment de participer à l’éventuelle financement de cette recherche si prometteuse. Celui-ci le renvoie très courtoisement vers l’inventeur :

« Cher Monsieur

Oui nous avons déjà de bons résultats avec les patchs chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Je transmets votre demande au Pr Jean-Bertrand Fenouillard qui fait un énorme travail en ce domaine.

Voulant éviter de passer par les grands lobbies pharmaceutiques, vous pourrez soutenir directement cette recherche qui intéresse tant de personnes souffrantes et qui est sur la bonne voie.

Bien cordialement ».

L’inventeur contacte Hector par mail et accepte de l’inclure dans un protocole en décembre dont il lui envoie le programme : 

« Déroulement de l’essai :

– Les participants doivent arriver à l’abbaye vers 18h, le Jeudi 13 décembre (voici l’adresse de l’abbaye Sainte Croix, en cliquant sur le lien : Abbaye Sainte Croix),

– Au coucher du 13 décembre, à 22h, chaque personne s’appliquera un patch mixte. 

– Au matin du 14 décembre, entre 5 et 6h du matin, seront réalisés :

              – un bilan biologique d’inclusion

    – et un prélèvement de sang pour dosage des hormones pinéales, avant l’enlèvement du patch. »

Un patch et une prise de sang, pas de quoi affoler Hector qui utilise des patchs quotidiennement depuis plus de huit ans et qui n’a plus peur des aiguilles depuis un certain temps.

Vous comprenez donc aisément que maintenant qu’il se retrouve à attendre l’arrivée du Professeur dans ce lieu dont Wikipédia dit qu’il a abrité la première révolte de nonnes contre leur abbesse en 589, son excitation est à son comble !

La suite demain sur mon blog : https://lebruitdenosneurones.blog »


[1]https://www.librinova.com/librairie/jean-louis-dufloux/le-bruit-de-nos-neurones

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